Polig Monjarret et Dorig le Voyer
STO en ALLEMAGNE

Polig
MONJARRET
Dorig
LE VOYER
Polig Monjarret et Dorig Le Voyer sont les deux piliers de la renaissance de la musique bretonne au milieu du XXᵉ siècle.
En fondant l’association Bodadeg ar Sonerion (BAS) en 1943, ils ont réinventé le paysage musical armoricain : Monjarret en collecteur visionnaire et organisateur hors pair des premiers bagadoù, et Le Voyer en luthier pionnier, adaptant la cornemuse écossaise et façonnant les premiers bombards modernes. Ensemble, ils ont transformé un patrimoine traditionnel en un mouvement populaire vibrant et ancré dans la modernité.
Ce furent également de grands militants de la cause nationaliste bretonne.
Évoquant la période où Polig Monjarret était en Allemagne en juillet 1944,
il y a deux versions différentes sur cette page :
Celle de Yves MERVIN
et celle de Françoise MORVAN
Le texte ci-dessous est une copie in-extenso des pages 452 à 454
du remarquable ouvrage d'Yves Mervin
"1944 viens rejoindre notre armée"

Le 10 juillet 1944, Paul Monjarret et Dorig Le Voyer épousent à Saint-Brieuc les deux sœurs Louise et Germaine Le Foll. Le 13 juillet 1944 en soirée, au cours d’un repas de retour du mariage, deux Feldgendarmen armés de mitraillettes viennent les arrêter au domicile de Mme Le Foll à Saint-Brieuc.
Dès le lendemain matin à 5 heures 30, ils sont transférés à Rennes puis dirigés sur l'Allemagne. Leurs deux jeunes épouses décident de les suivre.
Paul Monjarret et Dorig Le Voyer sont emmenés dans un local de la police allemande de Saint-Brieuc et enfermés dans des cellules de la cave. Il leur est interdit de se parler. Ils sont emmenés le lendemain en fin de journée à Rennes à la Cité des étudiants où ils sont séparés.
Paul Monjarret est interrogé par un Allemand qui lui reproche son discours de Vannes au cours duquel il a souhaité le rapprochement entre les Bretons d'outre-Manche et les Bretons de Bretagne, d'être réfractaire au S.T.O., de ne pas avoir répondu aux convocations qui lui ont été adressées et d'avoir des membres de sa famille dans la Résistance.
Il est battu pour donner des noms qu'il ne connaît pas.
Le policier lui propose alors, pour éviter d'être envoyé en Allemagne, de s'engager dans la formation Perrot. Paul Monjarret refuse catégoriquement. Le policier sort de la pièce et revient quelque temps après accompagné d'Ange Péresse → qui tente de convaincre Paul Monjarret de rejoindre la Formation Perrot, mais, devant son refus obstiné, il lui conseille de partir en Allemagne au titre du S.T.O. et d'éviter ainsi d'être fusillé dans les caves dans l'éventualité de l'arrivée des Américains, c'est-à-dire d'être exécuté sommairement par les Allemands au moment de leur départ.
Le policier allemand présente alors un papier libellé en allemand à Paul Monjarret, qui, présumant qu'il s'agit d'un contrat d'embauche, le signe.
Dorig Le Voyer est averti que Paul Monjarret a choisi l'option du S.T.O. et cette seule option lui est alors proposée.
Tous deux sont embarqués dans un camion d'un convoi qui les emmène dans la nuit à Nantes jusqu'à une caserne où ils passent la fin de la nuit.
Le lendemain, ils sont embarqués dans un train où ils retrouvent leurs jeunes mariées qui ont décidé, apprenant à Rennes qu'ils se sont engagés dans le S.T.O., de les suivre en s'engageant elles-mêmes au S.T.O. et en signant un formulaire d'engagement en allemand sans savoir ce à quoi elles s'engagent véritablement.
Jusqu'à Tours, ils sont convoyés par des membres du PPF, parmi lesquels se trouve Arthur Coquemont →
qui emprunte à ce moment le nom d'André Colin.
Après un voyage d'une quinzaine de jours, ils arrivent à Metz où ils sont parqués dans une caserne et triés selon leur destination en Allemagne. Leurs femmes ayant pu choisir leur lieu de travail en Allemagne, en l'occurrence Innsbruck, elles demandent que leurs maris y soient aussi envoyés.
Ils arrivent à Innsbruck le 28 juillet 1944 et se rendent à la délégation française pour trouver un travail. Paul Monjarret et Louise Le Foll sont placés chez un photographe et Dorig Le Voyer chez un maître-verrier qui apprécie son aptitude à fabriquer des vitraux tyroliens (Tirolerglasmalerei). Sa femme, Germaine Le Foll, enceinte, tombe malade.
Deux mois environ après leur arrivée, Arthur Coquemont fait son apparition à Innsbruck et, accompagné de son amie Blandine Thomas qu'il a entraînée en Allemagne, il rend visite aux Monjarret dans leur logement.
Il déclare s'être mis au service de la Gestapo et expose les avantages matériels appréciables qui en découlent.
Paul Monjarret refuse net les offres d'Arthur Coquemont de coopérer avec la Gestapo et de le renseigner sur les travailleurs français en Allemagne.
Il prévient la délégation française et les Français qu'il rencontre de se méfier de l'individu.
Le 6 octobre 1944, Paul Monjarret est licencié de son emploi de photographe et remis aux dispositions de l'Arbeitsamt, le service du travail.
Pour éviter de se trouver dans une usine d'armement, il tente une démarche auprès d'Arthur Coquemont afin de se faire embaucher comme opérateur de cinéma.
Ce dernier, ravi de la démarche, lui promet de faire le nécessaire.
Une huitaine de jours plus tard, vers le 17 octobre 1944, Paul Monjarret se voit proposer un poste d'opérateur de cinéma près de la frontière suisse à Dornbirn dans le Voralberg.
Il doit auparavant faire un essai, mais ne connaissant pratiquement rien du métier d'opérateur, son essai n'est pas concluant et il n'obtient pas la place.
Il se résigne alors à l'usine d'armement, où les machines sont très dangereuses, du 19 octobre jusqu'au 10 novembre, reste sans travail jusqu'au 12 décembre 1944, puis les emplois et les logements précaires se succèdent.
La ville d'Innsbruck étant souvent bombardée, il écrit à son beau-frère pour lui dire de venir le rejoindre avec sa femme. Arrivés une dizaine de jours plus tard,
Dorig Le Voyer trouve un emploi dans une maison de céramique et ils s'installent à quatre dans une petite chambre.
Le 10 janvier 1945, le patron d'un hôtel où logent Dorig Le Voyer et sa femme, prétextant qu'elle ne travaille pas, veut les expulser.
Paul Monjarret se querelle avec l'hôtelier et va même jusqu'à le menacer.
Dix minutes plus tard, deux « schupos », auxiliaires de police volontaires, arrivent sur les lieux.
Germaine Le Foll étant alors prise d'une crise de nerfs, Paul Monjarret échappe à l'arrestation et il est simplement requis de se présenter le lendemain matin à la police.
Le lendemain matin, lui et sa femme prennent le train dès la première heure pour Constance.
Les deux couples se séparent à ce moment.
En route, ils sont contrôlés par des policiers qui conservent leurs papiers.
Ils ne peuvent poursuivre leur chemin et Paul Monjarret se présente au SD pour récupérer ses papiers.
Il est arrêté, séparé de sa femme et interné le 12 janvier 1945 dans un camp disciplinaire à Reutlingen jusqu'au 8 février 1945.
À ce moment, grâce à Roparz Hemon et Leo Weisgerber, un des frères Guyomard retrouve sa trace et l'invite lui et sa femme à le rejoindre à Tübingen.
Paul Monjarret et Louise Le Foll viennent s'installer le 10 février 1945 dans cette ville où il devient boulanger et où il côtoie les Perrot.
Il assiste en particulier à la cérémonie de remise de médailles du 5 mars 1945 au cours de laquelle Célestin Laîné prononce un discours.
Paul et Louise Monjarret quittent Tübingen le 20 mars 1945 et se dirigent vers Heilbronn où a lieu lors de la première quinzaine d'avril la dernière grande bataille du front ouest entre la 100 ème Division d'infanterie U.S. et la 17ème SS Panzer-Grenadier Division.
Paul Monjarret et sa femme sont embauchés à Ludwigsburg dans une serre et logés dans une baraque près d'un camp de prisonniers de plusieurs nationalités.
À cet endroit, ils se lient d'amitié avec le militaire américain Samuel Brenner, médecin de la 103ème Division d'Infanterie alors prisonnier au Stalag VA près de Ludwigsburg.
Le 21 avril 1945, des troupes françaises les libèrent et dans la nuit du 24 avril 1945, alors qu'il devient dangereux de rester en Allemagne où des Allemands isolés prennent les Alliés à parti, Paul Monjarret sa femme et 7 autres prisonniers s'enfuient avec la voiture et la remorque de son patron.
Les Monjarret sont interrogés puis rapatriés sur Sarrebourg.
Ils regagnent Paris et résident environ un mois à Ecquevilly près de Mantes pour raisons de santé avant de revenir en Bretagne.
Après le départ précipité des Monjarret, les Le Voyer sont restés quelque temps à Innsbruck.
Le 5 février, ils sont mis en demeure de quitter leur chambre et de déménager dans une pièce sans meubles à 3 km du centre-ville.
Ils y restent environ trois semaines puis se mettent à la recherche d'un logement plus confortable.
Ils errent de ville en ville couchant dans des salles d'attente des gares pendant près de trois semaines. Germaine arrivant au terme de sa grossesse, ils trouvent un hôpital à Hohenems à 7 km de Dornbirn où elle reste 18 jours.
Dorig Le Voyer tente bien de retrouver un travail, mais la désorganisation est telle à ce moment que tout le monde est quasiment sans emploi.
Le Landsrat fournissant une autorisation de rapatriement, les Le Voyer se dirigent sur Constance.
À Radolfzell, 20 kilomètres avant Constance, la police fait descendre les étrangers du train.
Les Le Voyer restent dans une cave-abri jusqu'à l'arrivée de militaires français le 25 avril 1945.
Avant de rentrer en Bretagne, ils restent environ trois semaines pour améliorer leur état physique et rentrent en France le 17 mai 1944 en passant par la Suisse.
Ils sont contrôlés par les centres de rapatriement de Constance en Allemagne et d'Évian en France.
Après dix mois de STO en Allemagne, Paul Monjarret arrive le 2 juin 1945 à Saint-Brieuc.
Son père l'informe qu'il fait l'objet d'un mandat de recherches pour son appartenance au PNB et, sur son conseil, il se rend le soir même de son arrivée en Bretagne au commissariat de police de Saint-Brieuc. Fouillé à Saint-Brieuc, il est trouvé porteur d'un couteau de poche, d'un portefeuille contenant divers papiers, ainsi que d'une carte de rapatrié.
Conformément aux instructions reçues, le commissariat avertit le commissaire de surveillance du territoire à Rennes et Paul Monjarret est interné administrativement au camp de Langueux près de Saint-Brieuc puis au camp Marguerite à Rennes.
Le juge d'instruction au tribunal de première instance d'arrondissement de Saint-Brieuc, Raoul Lecomte, et les policiers cherchent à savoir si Paul Monjarret et Dorig Le Voyer ont fait partie de la Bezen Perrot.
Il revient même sur l'affaire de Jean Simon et des abbés Boulbain et Kermaidic : alors que l'affaire a été clarifiée avant le retour de Paul Montjarret, en prêchant le faux pour savoir le vrai, le juge fait croire à Jean Falezan et à Paul Monjarret qu'ils se sont accusés mutuellement d'avoir mis en cause ces personnes, sans aucun intérêt pour l'établissement des faits.
Après six mois d'internement administratif, Paul Monjarret est libéré suite à un non-lieu* du parquet de la Cour de Justice de Saint-Brieuc le 30 octobre 1945.
* Rappel : Un non-lieu est une décision prise par un juge d'instruction qui met fin à une action judiciaire en cours, car les éléments de l'enquête ne suffisent pas pour renvoyer une personne devant un tribunal

STO - QUELS DOCUMENTS FALLAIT-IL SIGNER ?
Documents administratifs d'incorporation :
Les jeunes convoqués devaient passer un examen médical et recevaient leur ordre d'affectation vers l'Allemagne. Refuser de se présenter constituait un délit d'insoumission (menant à la clandestinité/maquis).
Sur place en Allemagne :
Une fois arrivés dans les usines du Reich, les requis se voyaient remettre un « livre d'emploi » (Arbeitsbuch). Les conditions d'emploi (salaire théorique, durée de travail, encadrement) découlaient des règlements de réquisition allemands imposés à l'État français, et non d'un contrat de gré à gré signé librement par l'ouvrier.
Les principaux documents signés en allemand
La fiche de contrôle / d'émargement au rassemblement :
Au moment du départ (en gare ou au bureau de placement allemand Feldkommandatur / Arbeitsamt), les jeunes devaient signer des registres de présence bilingues ou en allemand certifiant leur convocation et leur départ effectif.
Le récépissé de carte d'identité de travail (Arbeitskarte) :
À l'arrivée dans les centres de répartition ou dans les usines, l'administration du Reich établissait une carte d'identité professionnelle obligatoire. Le requis devait y apposer sa signature (et parfois son empreinte digitale).
Le registre du règlement d'usine (Betriebsordnung) :
Dans certaines entreprises de guerre nazies, le travailleur signait un feuillet ou un registre attestant qu'il avait pris connaissance des consignes de sécurité, de la discipline interne et des peines encourues en cas de sabotage ou de désertion.

la publication de Françoise Morvan
sur Polig Monjarret est ici résumée par IA
I. La fabrication du mythe : blanchiment et enjeux idéologiques
Françoise Morvan dénonce ce qu'elle qualifie de réécriture de l'histoire orchestrée par des historiens militants du mouvement breton (comme K. Hamon ou Y. Mervin) avec le soutien d'élus locaux.
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Le faux statut de déporté : Monjarret aurait fait croire qu'il avait été arrêté et déporté par la Gestapo pour cacher ses activités de collaboration. Cette imposture lui a permis d'obtenir l'aide de résistants crédules après-guerre pour relancer ses associations.
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L'enjeu politique : Il s'agit, selon l'auteure, d'affubler d'une image « de gauche » un homme ayant mis la musique bretonne au service d'un nationalisme fondé sur la « race celtique ». Ce travail de légitimation a conduit à la création de la Société des amis de Polig Monjarret (2004) et à l'érection de statues ou d'hommages officiels (Lorient, propositions de noms de rues à Guingamp).
II. Un parcours d'engagement nationaliste et pro-nazi (1940-1944)
L'auteure retrace l'itinéraire politique de Monjarret pour réfuter l'image du simple folkloriste naïf :
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Débuts et convictions : Adulte au début de l'Occupation, il quitte en 1942 les organisations de jeunesse pétainistes qu'il juge trop molles, leur préférant dans un article de L'Heure bretonne (mai 1943) les modèles fascistes et nazis (Allemagne, Italie, Roumanie).
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Adhésion au PNB et milices : Sur les conseils de Jean Guiomar (futur SS du Bezen Perrot), il adhère au Parti national breton (PNB) et combat à la tête des Bagadou Stourm (brigades de choc du PNB).
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Fondation de Bodadeg ar Sonerion (BAS) : En mai 1943, il crée la BAS lors du congrès de l'Institut celtique de Bretagne (présidé par Roparz Hemon). L'article 2 des statuts réservait l'adhésion aux seuls « Bretons de race ».
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Fuite face à la Résistance : Recherché au début de 1944, il se réfugie dans le Morbihan chez Dorig Le Voyer. En juin 1944, ils participent aux fêtes officielles du cercle celtique de Vannes (soutenues par la propagande allemande) et y tiennent l'assemblée générale de la BAS sous le patronage de figures de la collaboration (Yann Fouéré).
III. La fausse « déportation » en Allemagne
Selon le récit étayé par des rapports des Renseignements généraux et l'historien Sébastien Carney, le départ de Monjarret pour l'Allemagne n'était pas une arrestation punitive mais une fuite organisée :
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L'arrestation arrangée : En juillet 1944, juste après son mariage, Monjarret et Le Voyer organisent leur fausse arrestation par le SD (Gestapo) de Saint-Brieuc pour échapper aux maquisards.
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Le refus du Bezen et le départ : Emmenés à Rennes, ils rencontrent les chefs du Bezen Perrot qui leur proposent de s'enrôler dans l'unité SS. Ils refusent par prudence vu la tournure de la guerre, mais signent des formulaires en allemand qu'ils prétendront plus tard être des « contrats d'embauche » signés sans lire.
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Séjour confortable en Autriche : Ils partent vers l'Allemagne/Autriche dans des convois de réfugiés et de collaborateurs. À Innsbruck, Monjarret devient photographe, puis cherche à devenir operator de cinéma avec l'aide d'un agent de la Gestapo (Arthur Coquemont).
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Ralliement final au Bezen Perrot : En début d'année 1945, le groupe rejoint le Bezen Perrot à Tübingen pendant deux mois. Monjarret assiste le 5 mars 1945 à une cérémonie de remise de décorations allemandes présidée par Célestin Lainé. Dans une lettre de 1955 à Olier Mordrel, Monjarret exprimera son indignation face aux propos de Lainé qui se contentait de viser un statut de « protectorat » pour la Bretagne, révélant la persistance de son idéal autonomiste pro-Reich.
IV. La lettre de prison (5 août 1945) : un modèle de manipulation
Incarcéré à la prison de Saint-Brieuc à la Libération, Monjarret adresse une lettre au préfet Henri Avril pour solliciter sa libération provisoire. L'auteure analyse cette prose comme un tissu de mensonges opportunistes :
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Recherche de complicité de classe : Il met en avant ses liens familiaux (gendre d'un notaire, soutien d'un docteur influent) pour solliciter l'indulgence des autorités bourgeoises.
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Victimisation : Il invoque la santé fragile de sa femme et de sa belle-mère, ainsi qu'une maladie d'estomac contractée lors des « souffrances endurées pendant 10 mois en Allemagne ».
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Réinvention du passé :
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Il nie avoir jamais été autonomiste ou séparatiste.
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Il se présente comme un simple scout pacifiste et un « réfractaire au STO » (alors que les militants du PNB en étaient exemptés).
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Il affirme avoir été arrêté par la Gestapo en raison d'un discours anti-politique et sur dénonciation de nationalistes bretons.
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Opportunisme politique : Il affirme qu'à son retour d'Allemagne, il a juré à sa femme de suivre les traces de son beau-père en embrassant « l'Idéal Socialiste », concluant sa lettre par des « sentiments socialistes » appuyés.
Résultat : Cette stratégie d'autodefense, soutenue par son avocat, portera ses fruits. Monjarret évite la Cour de justice, bénéficie de la clémence judiciaire et parvient à faire passer son récit de « déporté » pour une vérité officielle durant les décennies suivantes.