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Ar Seiz Breur

 Netra na den ne vir ouzimp kerzout war-du ar pal
Avel a-dreñv, avel a-benn, Seiz Breur, war-eeun !

 Rien ni personne ne nous empêcheront de marcher vers le but
Vent arrière, vent debout, Seiz Breur, tout droit !

"Notre esprit est de construire un ensemble bien en harmonie
dans toutes les branches et qui soit :
- Premièrement breton
- deuxièmement moderne
- troisièmement populaire"

Ar Seiz Breur (qui signifie « Les Sept Frères » en breton) est l'un des mouvements artistiques les plus fascinants et avant-gardistes de l'entre-deux-guerres en Europe.

Né en 1923 et actif jusqu'en 1947, ce collectif a totalement révolutionné l'art breton en rompant avec le style folkloriste et passéiste pour inventer une modernité celto-bretonne.

1. La Naissance et le Nom

Le mouvement est fondé lors du pardon de Folgoët en 1923 par un petit groupe de jeunes artistes, porté par un couple phare :

l'illustratrice Jeanne Malivel (qui meurt prématurément en 1926) et le designer/ébéniste René-Yves Creston.

Le nom fait référence à un conte traditionnel breton (L'Histoire des sept frères) collecté par l'écrivain François-Marie Luzel, où sept frères s'unissent pour sauver leur sœur d'un sortilège. C'est le symbole de l'union sacrée des artistes pour sauver et renouveler l'identité bretonne.

2. La Philosophie : "L'Art Total"

Les Seiz Breur ne se cantonnent pas à la peinture ou à la sculpture.

Inspirés par le mouvement Arts and Crafts en Angleterre ou la rigueur géométrique du Bauhaus allemand, ils prônent un art total.

Pour eux, l'art doit entrer dans le quotidien. Ils touchent à absolument tout :

  • L'architecture et le mobilier (ébénisterie moderne).

  • La faïencerie (notamment des collaborations mythiques avec les manufactures de Quimper comme HB).

  • Le textile, la broderie et la mode.

  • La gravure sur bois, l'illustration, la typographie.

  • Le vitrail et la ferronnerie.

3. Le Style Seiz Breur : Entre Graphisme Pur et Art Déco

Visuellement, le style Seiz Breur est immédiatement reconnaissable. C'est un élange unique entre :

  • La géométrisation Art Déco : Lignes tendues, épuration, angles vifs, stylisation des formes.

  • Les motifs traditionnels : Les entrelacs celtiques, les spirales, les triskells et l'imagerie populaire bretonne (costumes, scènes maritimes) sont réinterprétés de manière ultra-moderne.

  • Le contraste noir et blanc : Très marqué par la technique de la gravure sur bois (le Xylogravure), qui donne une force graphique brute et épurée aux œuvres.

4. Le Point d'Orgue : L'Exposition de 1925

Le grand moment de gloire du mouvement a lieu lors de l'Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes à Paris en 1925. Les Seiz Breur y conçoivent le pavillon de la Bretagne.

Leur "Salle de l'Armor" (une salle à manger moderne) crée un véritable choc esthétique.

Ils prouvent au monde entier que la Bretagne n'est pas une région figée dans le passé, mais un laboratoire de modernité. Ils y raflent plusieurs médailles d'or et d'argent.

5. Une Histoire Complexe et une Fin Sombre

Au fil des ans, le collectif s'élargit et accueille des dizaines d'artistes majeurs (comme le sculpteur Yann Goulet, l'architecte James Bouillé, ou le céramiste Xavier de Langlais).

Cependant, le mouvement est aussi traversé par les tensions politiques de l'époque. Portés par un nationalisme breton et une volonté de rupture culturelle avec Paris, certains de ses membres (dont Creston ou de Langlais) rejoignent l'Institut Celtique de Bretagne sous l'Occupation.

À la Libération, l'engagement collaborationniste de plusieurs figures clés du nationalisme breton jette une ombre lourde sur le mouvement, qui s'autodissout officiellement en 1947.

L'héritage aujourd'hui : Malgré cette fin de parcours fracturée par la guerre, les Seiz Breur ont laissé un héritage graphique immense. Ils ont posé les bases du design breton moderne.

Sans eux, l'iconographie moderne de la Bretagne (et des marques comme les faïences de Quimper ou le style de certains vêtements contemporains) n'aurait pas le même visage.

Fondateurs : Jeanne Malivel, Suzanne et René-Yves Creston - 1923 -

Les Seiz Breur se firent connaître par les expositions parisiennes de 1925 et de 1937 où des pavillons de la Bretagne leur permettaient de présenter des pièces décorées selon un style d'inspiration celtique, mais dépouillé.

Le groupe a compté une soixantaine de personnes.

1923 : début de collaboration artistique.

1925 : participation à l’Exposition des Arts décoratifs à Paris, au titre de la section des Côtes-du-Nord avec la collaboration de divers artistes et artisans bretons, toutes disciplines confondues.

1926 : mort de Jeanne Malivel.

1928 : lancement de la revue illustrée Kornog (Occident) dans laquelle les membres de Seiz Breur exposent                   leurs théories. Le groupe devient Unvaniez Seiz Breur.

1929 : exposition d’art breton des Seiz Breur à Douarnenez.

1931 : la revue Keltia remplace Kornog.

1937 : les Seiz Breur réalisent l’essentiel du pavillon de la Bretagne, exposition universelle de Paris.

1939 : mobilisation de nombreux membres pour la guerre.

1940 : programme de Seiz Breur dans un manifeste en 13 points.

1940-1944 : dispersion des membres pendant la guerre. Expositions à Rennes ou Paris sous le nom de Eost Breiziz (moisson bretonne).

1944 : Xavier de Langlais remplace René-Yves Creston à la présidence du groupe.

1947-1948 : plus d'activité en tant que groupe (dernier secrétaire Rafig Tullou).

 

 

ar seiz breur

Quelques membres d'Ar Seiz Breur à Douarnenez en 1935.

À droite, René-Yves (debout) et Suzanne Creston (assise) - assis à gauche de Suzanne : Youenn Drezen - debout au milieu (chemisette et cravate) : Pierre Péron - à gauche, Jakez Riou et son épouse. 

KORNOG revue trimestrielle d' Ar Seiz Breur

Sculpture de Rafig Tullou offerte au marquis de L'Estourbeillon (Jubilé breton de 1942)

Chapelle de Koat Keo Architecte James Bouillé

Joseph Savina Ebéniste et sculpteur Sur la photo avec Le Corbusier

"la douleur" œuvre de Francis Renaud

Christian Le Part Poète

ballyseedy

Ballyseedy memorial Irlande sculpture de Yann Goulet

Job Jaffré Ecrivain

"pardon bigouden" de Robert Micheau-Vernez

Herry et Ronan Caouissin éditeurs

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Gaston Sébilleau Sculpteur

Xavier Haas peintre et graveur

Jean Freour Sculpteur

Notre Dame de Kerdro œuvre de Jules-Charles Le Bozec

Morvan Marchal

Jeanne Malivel (autoportrait)

Jeanne-Coroller-Danio

Jeanne-Coroller-Danio Femme de lettres

Guillaume Berthou dit KERVERZIOU Poète

Pierre Abadie-Landel (autoportrait)

Jean Delalande dit KERLANN enseignant - Ecrivain Défenseur de l'enseignement du breton à l'école

Rafig Tullou Druide - Sculpteur Co-fondateur de la revue NEMETON et de KAD

Paul Le Flem Compositeur

Marc Le Berre (devant son magasin) Il est à l'origine du KABIG

Paul Ladmirault Compositeur

Dorig Le Voyer Facteur d'instruments de musique

Yann Sohier Instituteur Militant pour l'enseignement de la langue bretonne à l'école

François Eliès dit ABEOZEN Romancier, Auteur de pièces de théâtre

Affiche de Pierre Peron

Youenn Drezen Ecrivain

Jef Le Penven Compositeur de musique

Jorj Robin Sculpteur

Villa DHELIA dessinée par Georges Dommée

Dessin de R-Y Creston sous le pseudo de halgan

Immeuble kodak Quimper Architecte olier Mordrel

Xavier De Langlais Peintre, graveur, romancier

René-Yves Creston (peintre officiel de la marine)

René De La Poix De Fréminville dit Jean Merrien Ecrivain

1. Arts graphiques, Peinture & Gravure

La gravure sur bois (xylogravure) et l'illustration ont été le premier moteur visuel du groupe, imposant ce fameux style contrasté, noir et blanc, aux lignes brisées.

  • Jeanne Malivel (Fondatrice, dessin, gravure, textile)

  • René-Yves Creston (Fondateur, peinture, gravure, illustration)

  • Xavier de Langlais (Peinture, gravure, fresques murales)

  • Pierre Péron (Illustration, graphisme, peinture)

  • Creston-Candré (Suzanne) (Dessin, modes, motifs décoratifs)

  • André Batillat (Peinture, décors)

  • Yvonne Jean-Haffen (Peinture, dessin — collaboratrice proche de Mathurin Méheut, liée au réseau des Seiz Breur)

  • Georges Robin (Gravure, sculpture)

  • François Eléouet (Dessin, gravure)

  • Conrad de L'Ancre (pseudonyme de Jean Kunff) (Illustration, gravure)

2. Sculpture & Statuaire

La sculpture des Seiz Breur rompt définitivement avec le réalisme académique du XIXe siècle pour aller vers une stylisation géométrique proche de l'Art Déco.

  • Jules-Charles Le Bozec (Statuaire sacrée et profane, bois et pierre)

  • Yann Goulet (Sculpture monumentale)

  • Jean Mazuet (Sculpture)

  • Francis Renaud (Sculpture, monuments aux morts)

  • Raffig Tullou (Sculpture)

  • Joseph Savina (Ébéniste et sculpteur, qui travaillera plus tard en étroite collaboration avec Le Corbusier)

3. Architecture, Décoration & Mobilier

C'est la section qui a concrétisé l'ambition d'« Art Total » du mouvement, notamment lors de l'Exposition de 1925, en concevant des intérieurs bretons modernes et intégrés.

  • James Bouillé (Architecte, théoricien de l'architecture moderne bretonne)

  • Gaston Sébastien (Architecte, ensemblier, créateur de meubles)

  • Olier Mordrel (Architecte de formation, créateur de mobilier dans les premières années avant de se consacrer exclusivement à la politique)

  • Georges-Robert Lefort (Architecte, bien qu'indépendant, il collabore étroitement avec les membres du groupe sur plusieurs projets)

  • Jean Lucas (Reliure d'art, design d'objets)

4. Céramique & Faïencerie

Grâce à des partenariats industriels et artistiques avec les manufactures de Quimper (HB et Henriot), la faïence a été le principal vecteur de diffusion de l'esthétique Seiz Breur auprès du grand public.

  • Robert Micheau-Vernez (Créateur de statuettes en faïence polychrome en mouvement)

  • Jim Sévellec (Peintre et céramiste, créateur de pièces folkloriques modernisées pour Henriot)

  • Paul Fouillen (Céramiste, créateur de motifs géométriques très denses)

  • René Olichon (Céramiste)

  • À noter que René-Yves Creston, Jeanne Malivel et Georges Robin ont eux-mêmes dessiné de très nombreuses pièces de formes et des décors pour la faïence.

5. Orfèvrerie, Vitrail & Ferronnerie (Arts du Feu et du Métal)

Ces artisans ont joué un rôle majeur dans le renouveau de l'art sacré chrétien en Bretagne, insufflé par l'Atelier de l'Art Breton (créé par James Bouillé et Xavier de Langlais).

  • Raymond Nazon (dit Raymond Reg) (Orfèvrerie religieuse et bijoux)

  • Hubert de Sainte-Marie (Maître-verrier, créateur de vitraux modernes)

  • Paul et André Rault (Maîtres-verriers à Rennes, collaborateurs réguliers pour les projets d'églises)

  • Marcel Le Louet (Ferronnerie d'art)

6. Littérature, Musique & Arts de la Scène

Le mouvement ne voulait exclure aucune forme d'expression artistique pour reconstruire une culture bretonne contemporaine.

  • Roparz Hemon (Écrivain, poète et linguiste)

  • Georges Arnoux (Compositeur, théoricien de la musique bretonne moderne)

  • Jeanne de Tristan (Création de costumes, arts textiles)

  • Auguste Bonamy (Éditeur, diffuseur des œuvres graphiques du groupe)

Précision historique : La liste des adhérents a beaucoup fluctué en 24 ans. Certains artistes n'ont fait qu'un passage de quelques années (comme Olier Mordrel au tout début, ou Pierre Péron), tandis que d'autres sont restés des piliers tout au long de l'aventure (Creston, de Langlais).

 

L'historien Kristian Hamon, dans ses travaux de recherche sur le mouvement, estime le nombre total d'artistes ayant gravité de près ou de loin autour de la charte des Seiz Breur à près de 60 à 70 personnes.

kornog

OCCIDENT

  • Origine et contexte : Lancée fin 1927, après la mort de Jeanne Malivel, par René-Yves Creston et Suzanne Creston. Elle est la revue officielle du mouvement Seiz Breur.

  • Objectif : Créer un art breton moderne, affranchi de l'influence parisienne, et redonner vie à l'art populaire.

  • Contenu : Kornog couvrait sept domaines artistiques : décoration, musique, sculpture, artisanat, architecture, littérature et peinture.

  • Publication : Cinq livraisons sont publiées entre 1928 et 1930 à Brest. Elle est remplacée par la revue Keltia en 1931. (Keltia n'a connu qu'un seul numéro)

  • Impact : La revue a été cruciale pour la diffusion des idées du mouvement avant leur succès à l'Exposition internationale de 1937. 

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