C E N S
Cercle d'études national-socialiste
Créé en juin 1943 par Raymond du Perron de Maurin chef de la milice en Bretagne.
Position idéologique du CENS
Nous sommes convaincus que la race bretonne et les races qui composent la France ont en elles la possibilité d'avoir un avenir à la hauteur du passé, avenir dans la collaboration avec la race germanique et non dans une guerre fratricide entre elle.
Nous ne pouvons espérer notre relèvement que par une politique raciste et eugénique.
L'apport de sang étranger ne peut qu'amener la disparition de notre culture.
Nous devons nous retrouver en éliminant tous les éléments étrangers à l'ethnie française et toutes les théories qui nous ont valu notre déchéance actuelle.
Nous devons puiser dans les expériences de nos voisins de l'Est les remèdes qui leur ont permis un relèvement total.
La nation ne pourra être protégée que dans une nation raciste... Crois... Agis... Combat.
Raymond du Perron de Morin
C'etait un organisme d'auto-défense des mouvements et partis liés à la collaboration.
Son objectif était de répondre à la violence par la violence en abattant les personnalités passant pour aider la résistance.
le comité directeur du CENS, présidé par Raymond du Perron de Maurin, était composé de huit membres.
Ont notamment fait partie de ce cercle :
à suivre...
Une seule série d'attentats
est attribuée au CENS
En réponse à l’assassinat le 28 juin 1944 de Philippe Henriot, secrétaire d'État à la Propagande, des miliciens, également membres du CENS, participent à plusieurs attentats dans la nuit du 30 juin 1944 à Rennes contre des personnalités rennaises.
- Gaëtan Hervé, secrétaire général de la mairie de Rennes. Interpellé à son domicile, il parvient à s’enfuir, mais il est abattu place de la mairie de Rennes.
- Pierre Lemoine, greffier à la cour d'appel de Rennes. Il est abattu à l’entrée de son appartement d’une balle de revolver.
- Louis Volclair, libraire rennais qui est hospitalisé à la clinique de la Sagesse. Quelques hommes se présentent comme des policiers à la religieuse de garde et pénètrent en force dans la clinique pour abattre le libraire rennais sur son lit vers 23 heures.
- Oscar Leroux, ancien adjoint au maire de Rennes, est blessé le 1er juillet 1944 en ouvrant les volets de sa chambre, par un coup de feu tiré de la rue.
- François Château, maire de Rennes, fut également désigné par la Milice pour être abattu.
Mais, se sentant menacé, il réussit à s'enfuir dans la Sarthe début juin.
Alain de Saint-Méloir



06 mars 1946
Alain de Saint-Méloir est décrit comme un aristocrate « Doté d’une intelligence supérieure, remarquablement instruit, licencié ès-lettres » parlant couramment cinq langues.
Mobilisé lors de la campagne de France, il a perdu un bras à Dunkerque et est titulaire de la Croix de guerre ainsi que de la Médaille Militaire avec palmes.
Fait prisonnier par les Allemands le 4 juin 1940, il est libéré au mois d’août en tant que grand mutilé.
Avant-guerre, il était membre de l’association des « Camelots du roi » et de « L’Action Française », dont il était un militant actif sur la région de Rennes.
Orateur de talent, il attaque très violemment le régime républicain et fait l’apologie de la monarchie.
Réformé à 100 %, démobilisé en 1940, il revient dans sa famille à Rennes et c’est donc très logiquement qu’il se range derrière le maréchal « J’avais été séduit par les principes directeurs de sa politique, il instituait, sous sa haute personnalité, un régime d’autorité, régime que j’avais toujours souhaité bien avant la guerre ; Pétain voulait également le régime corporatif que je préconise dans ma lettre à des Français, je décidais donc, dans la mesure du possible, d’aider le Maréchal Pétain dans son œuvre. D’autre part, de par ma famille, et à la suite de la bataille de Dunkerque, j’étais profondément anglophobe, je réalisais enfin qu’après notre défaite de 1940, la France ne pourrait pas continuer la lutte pour son propre compte, il lui faudrait bon gré mal gré, être un satellite, soit des puissances de l’axe, soit des alliés. A la suite de l’entrevue de Montoire et des directives du Maréchal, je résolus pour mon compte de défendre l’esprit de collaboration avec l’Allemagne, aussi dès que j’appris à Rennes, fin 1940, une réunion des « Amis du Maréchal » présidée par Me Chapelet[i], je décidais d’y assister. »
En 1942, membre du RNP, Alain de Saint-Méloir s’occupe des engagements à la LVF qui ne dispose pas encore de bureaux de recrutement.
Lors de la scission du RNP, il rejoint le Mouvement Social Révolutionnaire (MSR). En juin 1942, il devient secrétaire administratif de la LVF aux appointements mensuels de 1 300 F.
Il est nommé ensuite Inspecteur Régional en mai 1943 aux appointements de 7 000 F qui passeront à 12 000 F en 1944.
De Saint-Méloir, pour qui la Légion « Était un organisme officiel approuvé par l’Etat Français », déclare être entré à la LVF à la suite des déclarations du Maréchal Pétain qui avait dit aux Légionnaires partant pour la Russie : « Vous portez une part de notre honneur Militaire ».
On ne se bouscule pas pour s’engager dans les bureaux de la LVF au 9, rue Nationale. Les recrutements sont médiocres. Maitrisant parfaitement la langue allemande, De Saint-Méloir collabore avec le lieutenant allemand Slovenzick de la Propaganda-Staffel, qui le consulte pour censurer les journaux rennais.
Les Allemands imposent à L’Ouest-Éclair l’insertion de ses articles qui doivent toujours paraitre en première page et signés SM. Il fait également partie du « Cercle d’Études National-Socialiste » et reçoit chez lui, rue Pierre Hévin, des officiers allemands et des miliciens en tenue, dont Lucien Lahaye. Ce qui lui causera le plus d’ennuis à la Libération ce sont des lettres de dénonciation en partie brulées, retrouvées au siège du SD et portant son N° SR 777. Au mois de juin 1944, à la suite des bombardements, il n’y a plus d’émissions radiophoniques en Bretagne. Il est même difficile de pouvoir écouter la radio nationale. Slovenzick demande alors à De Saint-Méloir de donner les nouvelles militaires allemandes tous les jours à l’aide haut-parleurs placés en certains points de la ville.
Arrêté à la Libération puis condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Source :
Lucien Lahaye

Né à Rennes le 18 octobre 1919.
Mort à Saint-Brieuc le 25 juillet 2004.
clerc de notaire.
Appartient au PNB et au MSR.
Septembre 1941- LVF - Combat sur le front de l'Est jusqu'à Smolensk en Russie.
Début mai 1944 - Milice : groupe "Bretagne" à Rennes .
chef de centaine adjoint avec trois galons argentés sur les pattes d'épaules.
Agent indicateur du SD de Rennes.
Très ami avec Émile Schwaller, André Herpe, Claude Geslin, Latour et Rivière
Fait partie du Cercle d'Études National-Socialiste (CENS)
02 juillet 1945 : incarcéré à la maison d'arrêt Jacques Cartier à Rennes.
19 septembre 1945 : condamné par la Cour de Justice de Rennes à 20 ans de travaux forcés et à l'indignité nationale à vie.

