top of page

Vlaamsch Verbond van Frankrijk

Union des cercles Flamands de France

Lion Flandre

WEES VLAMING DIE GOD VLAMING SCHIEP

Sois Flamand toi que Dieu créa Flamand

Abbé Jean-Marie Gantois

Né le 21 juillet 1904 à Watten.

On le retrouva mort, dans des conditions non éclaircies, dans le canal de l'Aa le 28 mai 1968.

Il est enterré dans sa ville natale.

Jean-Marie-Gantois-

Jean-Marie Gantois : De la défense de la langue flamande à la collaboration

Jean-Marie Gantois (1904-1968) est un prêtre catholique français connu pour son engagement séparatiste flamand et sa collaboration active avec le régime nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

1. Les origines : Le contexte de la langue flamande en France

Le combat linguistique dans la Flandre française s'inscrit dans un contexte historique tendu :

  • 1850 : La loi Falloux supprime l'enseignement en flamand dans la région.

  • 1853 : Face aux protestations du clergé local (Dunkerque et Hazebrouck), l’Académie de Lille tolère la lecture en flamand uniquement pour la préparation à la première communion. L'État français limite fortement son usage, redoutant la montée du pangermanisme (mouvement visant à unir tous les peuples germanophones).

  • 1853 toujours : Henri de Coussemacker fonde le Comité Flamand de France, une société savante consacrée à l'histoire locale (toujours active aujourd'hui).

2. L'engagement de Jean-Marie Gantois (1924–1939)

  • 1924 : Alors qu'il est au séminaire, l'abbé Gantois fonde avec des camarades le Vlaemsch Verbond van Frankrijk (VVF) (Union flamande de France).

  • 1929–1939 : Rédacteur en chef des revues du VVF, notamment Le Lion de Flandre et De Torrewachter (Le veilleur du beffroi), il fait basculer son combat culturel vers une politique extrémiste.

  • Dérive idéologique : Ses écrits prennent une tournure ouvertement raciste, rejetant la République française, prônant le modèle germanique et affirmant que la frontière du Nord de la France est « artificielle ».

  • 1939 : À la veille de la guerre, le gouvernement français interdit le VVF ainsi que ses revues.

3. La Collaboration sous l'Occupation (1940–1944)

  • 1940 : L’évêque de Lille, le cardinal Liénart, le somme de choisir entre la politique et la prêtrise. Gantois choisit la politique. Il est démis de ses fonctions ecclésiastiques et réduit à célébrer la messe seul, sans fidèles.

  • Décembre 1940 : Il transmet aux autorités allemandes à Lille une copie d'une lettre adressée directement à Adolf Hitler. Il y prête acte d'allégeance au Führer et réclame le rattachement du Nord de la France au IIIᵉ Reich.

  • Janvier 1941 : En récompense, les occupants allemands autorisent la réapparition du VVF et de la revue Le Lion des Flandres / De Torrewachter.

4. L'après-guerre : Procès et condamnation (1944–1948)

  • Septembre 1944 : Il est arrêté à la Libération pour intelligence avec l’ennemi et séparatisme. Le VVF est définitivement dissous.

  • Décembre 1946 : Lors de son procès, la peine de mort est requise contre lui. Il est finalement condamné à :

    • 5 ans de travaux forcés.

    • L’indignité nationale à vie.

    • Une interdiction de séjour dans toutes les régions françaises abritant des mouvements autonomistes (Flandre, Alsace-Moselle, Bretagne, Pays Basque, Savoie, Alpes-Maritimes).

  • 1948 : Il est libéré après avoir purgé sa peine et s’installe provisoirement en Bourgogne.

5. Dernières années et fin tragique (1958–1968)

  • 1958 : Amnistié, il participe à la création d'un nouveau groupe, De Vlaemsch Vrienden in Frankrijk (Les Amis Flamands en France), avant de pouvoir regagner le Nord.

  • 28 mai 1968 : Devenu presque aveugle et très affecté par le décès de sa mère survenu quelques jours plus tôt, il est retrouvé noyé dans le canal de l’Aa, à Watten, à l'âge de 63 ans. La question de savoir s'il s'agissait d'un accident ou d'un suicide demeure discutée.

 

Jean-Marie Gantois et la Bretagne

En septembre 1925, il est invité au congrès annuel du 'Bleun Brug', mouvement régionaliste culturel breton d'inspiration catholique dirigé par le prêtre Jean-Marie Perrot.

En tant que représentant de la Flandre, l'abbé Gantois prononce un discours sur 'Les Droits de la Flandre'.

Il insiste sur la nécessité pour les Bretons et les Flamands de s'unir dans la lutte contre l'ennemi centralisateur commun.

A partir de ce moment, une amitié toujours plus profonde entre Jean-Marie Gantois et Yann-Vari Perrot grandit.

L'abbé Gantois commence ses lettres à son ami breton par « Mon cher parrain ».

Ils s'écrivent régulièrement pour se tenir au courant des événements de leur région.

Jean-Marie Gantois reçoit régulièrement Feiz ha Breiz, la revue du 'Bleun Brug', tandis que Yann-Vari Perrot lit le Beffroi et plus tard le Lion de Flandre.

Ils se retrouvent en septembre 1930.

Peu avant l'assassinat de Yann-Vari Perrot en 1943,  l'abbé Gantois passe quelques jours de vacances avec son "parrain" en Bretagne. Mais l'abbé Perrot n'est pas le seul parent breton de Jean-Marie Gantois qui, dès 1925, a aussi des contacts écrits avec le prêtre nationaliste breton Madec et avec Olier Mordrel et Fransez Debauvais de Breiz-Atao.

L'abbé Gantois est néanmoins très bien conscient que le contexte de la Bretagne et de l'Alsace n'est pas celui de la Flandre, et que chaque mouvement doit finalement mener sa propre lutte en fonction de la situation spécifique de chaque région.

 

C'est une des raisons pour lesquelles il n'a aucune envie d'imiter les opérations politiques des Alsaciens et des Bretons en Flandre.

L'abbé Gantois voit le lien entre les  différents mouvements nationaux presque toujours d'un point de vue intellectuel et sentimental.

jean marie gantois

Lettre de Jean-Marie Gantois à Yann-Vari Perrot

"La génération qui nous suivra, oublieuse de ses ancêtres, acceptera sans protestation la langue étrangère, qui s’est implantée sur notre sol, et bientôt personne, plus personne chez nous, ne saura déchiffrer nos vieux diplômes, nos chartes communales, ni lire et comprendre nos historiens et nos poètes.

J’ai le cœur gros en songeant à cet avenir prochain, à l’idée de penser que nous serons désormais regardés comme un peuple sans histoire, comme une population appelée à la vie politique par la déclaration du droit de l’homme et du citoyen" .

Jean-Marie Gantois

1925 - Breiz Atao en Flandre

Breiz Atao et flandre

les nationalistes bretons chez les étudiants flamands de Louvain

olier mordrel

Pour en savoir plus sur l'abbé Gantois :

abbé jean-marie gantois

Joris Van severen

Joris van severen

Le massacre d'Abbeville

Massacre_d'Abbeville_-_20_mai_1940

Le massacre d'Abbeville (20 mai 1940) est l'un des événements les plus tragiques et confus du début de la Seconde Guerre mondiale en France. Il résulte de la conjonction d'une panique administrative côté belge, de la paranoïa de la « cinquième colonne » et du chaos provoqué par la percée allemande.

1. Le contexte : Arrestations préventives en Belgique

Dès le 10 mai 1940, jour de l'invasion allemande, le gouvernement belge applique une loi sur la sécurité de l'État et ordonne l'arrestation d'individus jugés suspects ou dangereux pour la sûreté publique.

Les arrestations se font dans une grande précipitation et rassemblent un groupe hétéroclite d'environ 78 personnes :

  • Nationalistes et fascistes flamands : Joris Van Severen, son bras droit Jan Ryckoort, ou encore le député René Lagrou.

  • Rexistes (francophones) : Léon Degrelle (qui en réchappera).

  • Militants communistes et antifascistes opposés à la ligne officielle du gouvernement.

  • Ressortissants allemands et autrichiens : Souvent des réfugiés juifs ou des opposants au nazisme ayant fui en Belgique, assimilés à tort à des agents allemands.

  • Divers suspects : Espions présumés, témoins désignés par erreur ou simples civils victimes de dénonciations.

Devant l'avancée rapide de la Wehrmacht, les autorités belges décident de transférer ces détenus vers la France. Le convoi (surnommé plus tard « le train fantôme ») traverse la frontière dans des conditions de détention éprouvantes.

2. L'arrivée à Abbeville et la panique (19–20 mai)

Le 19 mai au soir, les prisonniers arrivent à Abbeville (Somme). La ville est sous tension extrême : les bombardements allemands font rage, le réseau de communication est coupé et les chars allemands du général Guderian ne sont plus qu'à quelques kilomètres.

Les autorités belges confient la garde des 78 prisonniers à un détachement de soldats français du 28e régiment régional d'instruction. Faute de place et sous la menace des bombardements, les détenus sont entassés dans les sous-sols du kiosque à musique du parc de la ville.

 

3. L'exécution sommaire du 20 mai

Le 20 mai vers la fin de la matinée, alors que la ville s'évacue dans la panique et sous les tirs de l'artillerie allemande, le capitaine Caron et le lieutenant Leclabart (officiers français responsables du secteur) apprennent que des « espions allemands et traîtres » sont retenus dans le kiosque.

Convaincus qu'il s'agit d'agents de la « cinquième colonne » guidant les bombardements ennemis, et estimant ne pas pouvoir les évacuer à temps, décision est prise de les exécuter sommairement, sans jugement ni vérification d'identité.

Les soldats extraient les prisonniers par groupes du sous-sol du kiosque et les fusillent contre le mur de tènement :

  • 21 personnes sont exécutées, dont Joris Van Severen, Jan Ryckoort, mais aussi des réfugiés juifs, un prêtre et des militants de gauche.

  • L'exécution est interrompue grâce à l'intervention du lieutenant français Jean Le Roux, qui exige de voir l'ordre officiel d'exécution. Constatant qu'aucun ordre écrit n'existe et que la procédure est totalement illégale, il fait cesser les tirs.

4. Bilan et conséquences

Les troupes allemandes entrent dans Abbeville quelques heures seulement après la tuerie.

  • Les victimes : Parmi les 21 fusillés figurent un mélange dramatique d'idéologies ennemies (fascistes flamands, communistes, Juifs allemands).

  • Suites judiciaires : Après la guerre, une instruction est ouverte par la justice militaire française. En 1948, le capitaine Caron et le lieutenant Leclabart sont traduits devant le Conseil de guerre de Paris. Caron est condamné à 12 ans de prison et Leclabart à 5 ans.

  • Portée politique en Flandre : Pour le mouvement nationaliste flamand, la mort de Joris Van Severen fait de lui un martyr, ce qui alimentera pendant des années un ressentiment antibelge et antifrançais.

bottom of page