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LE PNB
Parti National Breton

Le PNB trouve ses racines dans le mouvement Breiz Atao, créé après la Première Guerre mondiale autour d'une revue portant le même nom.

Le Parti National Breton (PNB) est fondé à Landerneau le 27 décembre 1931.

Il naît de la volonté d'une partie des militants de Breiz Atao de doter le nationalisme breton d'une véritable organisation politique.

Héritier des courants régionalistes et autonomistes apparus au début du XXe siècle, le PNB marque cependant une rupture en faisant de la question nationale bretonne son objectif central.

frise naissance du parti national breton (PNB)

1931 : La scission du PAB 

congrès du PAB à guingamp 1931

 

Fondé en 1927, le Parti Autonomiste Breton (PAB) rassemblait des militants aux sensibilités très diverses, unis par la volonté d'obtenir une plus grande autonomie pour la Bretagne.

 

Cependant, derrière cet objectif commun, de profondes divergences idéologiques existaient entre les différentes tendances du mouvement.

Au fil des années, deux courants principaux s'affirmèrent :

 

- D'un côté, les nationalistes radicaux regroupés autour d'Olier Mordrel, François Debauvais et de la revue Breiz Atao souhaitaient rompre avec la France et faire de la Bretagne une nation indépendante.

- De l'autre, les fédéralistes, dont Morvan Marchal, souvent plus modérés et attachés aux principes démocratiques, défendaient une large autonomie bretonne dans le cadre d'une France réorganisée sur des bases fédérales.

Ces oppositions éclatèrent au grand jour lors du congrès de Guingamp, en août 1931.

Incapables de trouver un compromis, les militants décidèrent de se séparer.

- Les partisans de l'indépendance fondèrent alors le Parti National Breton, dirigé notamment par François Debauvais et Olier Mordrel. Héritier direct de la tendance nationaliste de Breiz Atao, ce nouveau parti fit de l'indépendance bretonne son objectif central.

- Les fédéralistes créèrent quant à eux le Parti Fédéraliste Breton. Favorable à une transformation fédérale de la France, ce mouvement défendait l'autonomie politique, économique et culturelle de la Bretagne tout en rejetant la rupture avec l'État français.

La scission de 1931 marque ainsi une étape majeure dans l'histoire du mouvement breton. Elle consacra la séparation durable entre deux visions distinctes de l'avenir de la Bretagne : l'une nationaliste et indépendantiste, l'autre autonomiste et fédéraliste. Cette division influença profondément l'évolution politique du mouvement breton durant les années 1930 et au-delà.

la doctrine nationaliste du PNB

 

Le PNB considère la Bretagne comme une nation distincte de la France. Son programme revendique la restauration des libertés bretonnes, la défense de la langue bretonne, le développement d'institutions propres et, pour une partie de ses militants, l'indépendance pure et simple.

Le parti rejette à la fois le libéralisme parlementaire et le marxisme.

Sous l'influence de Mordrel, il développe dans les années 1930 une doctrine inspirée du corporatisme et de certains mouvements nationalistes européens.

Cette orientation culmine avec le programme dit SAGA publié en 1933, qui propose une réorganisation politique et sociale de la Bretagne.

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Manifeste fascisant écrit par Olier Mordrel

Les années 1930 : radicalisation et isolement

Durant l'entre-deux-guerres, le PNB reste une organisation numériquement faible.

Son audience électorale demeure limitée et il peine à s'implanter dans les campagnes bretonnes.

En revanche, il exerce une influence intellectuelle certaine dans certains milieux étudiants, culturels et militants.

À partir du milieu des années 1930, une partie de ses dirigeants manifeste une admiration croissante pour l'Allemagne hitlérienne.

Celle-ci est perçue moins comme un modèle idéologique unanimement partagé que comme une puissance susceptible d'affaiblir la France et de favoriser les revendications bretonnes.

Cette orientation contribue à marginaliser davantage le parti dans l'opinion bretonne.

Bagadou stourm (salut au drapeau

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De la politique à
la collaboration armée

La défaite française de juin 1940 constitue un tournant. Plusieurs dirigeants nationalistes estiment que la guerre offre une occasion historique de faire avancer la cause bretonne.

Le PNB est reconstitué sous l'Occupation autour de Raymond Delaporte. Il publie le journal L'Heure Bretonne, organise des réunions, développe des structures de jeunesse et tente de renforcer son implantation en Bretagne.

Le parti espère obtenir des autorités allemandes une reconnaissance politique de la Bretagne, mais ces espoirs ne se concrétisent jamais.

Durant cette période, le PNB est traversé par plusieurs courants :

  • des militants essentiellement engagés dans l'action culturelle et linguistique ;

  • des nationalistes cherchant à obtenir des concessions politiques ;

  • des éléments plus radicaux favorables à une collaboration étroite avec l'Allemagne.

Cette diversité explique les tensions permanentes qui traversent le parti pendant toute l'Occupation.

L'évolution la plus radicale concerne le groupe animé par Célestin Lainé.

 

Après avoir créé diverses formations paramilitaires, celui-ci fonde en 1943 le Bezen Perrot, unité intégrée aux services allemands.

Plusieurs membres du Bezen Perrot proviennent du PNB ou de son environnement militant.

Toutefois, le Bezen Perrot ne constitue pas officiellement une structure du parti.

Les relations entre le PNB de Raymond Delaporte et le groupe de Lainé demeurent complexes et souvent conflictuelles.

Fin de la guerre
Disparition du PNB

À partir de l'été 1944, l'effondrement de l'occupation allemande entraîne celui du mouvement nationaliste collaborationniste. Les dirigeants du PNB prennent le chemin de l'exil ou sont arrêtés. Le parti est dissous et nombre de ses responsables font l'objet de poursuites judiciaires.

La participation de certains de ses membres à la collaboration politique ou militaire marque durablement la mémoire du nationalisme breton. Après la guerre, les nouveaux mouvements bretons chercheront généralement à se démarquer de cet héritage.

Bilan historique

Le PNB demeure une organisation paradoxale. Son influence électorale fut faible, mais son rôle intellectuel et politique dans l'histoire du nationalisme breton fut considérable. Il contribua à diffuser l'idée d'une Bretagne conçue comme une nation, participa au renouveau culturel breton et forma plusieurs générations de militants. Toutefois, son engagement partiel dans la collaboration pendant la Seconde Guerre mondiale a durablement obscurci son héritage et continue d'alimenter les débats historiques.

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