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Stern-Gonidec

Jean Laizet - Jean Larnicol

                                        Nom de guerre Bezen Perrot :

                  STERN                                                              GONIDEC

* Il y a un doute sur le nom LAIZET

Il est possible que ce soit LE NEZET

Sur la "liste Fournis"          le prénom n'est pas Jean mais Joseph

loupe

13 juin 1944

Jean LAIZET (STERN) et Jean LARNICOL (GONIDEC) sont tués au combat lors d'un accrochage avec des parachutistes français SAS.

En sa mémoire Corentin Le FAOU qui était le cousin de Jean LARNICOL a repris son nom de guerre :

GONIDEC

Joseph LE BERRE ,en hommage à son camarade JEAN LAIZET, a lui repris le nom de guerre de ce dernier : STERN  ( Joserph Le Berre aurait été tué en 1944 en combattant aux côtés des FFI à Paris ).

Lors de cet accrochage Alan Heussaf  ( PROFESSEUR ) sera grièvement blessé.

accrochage

Dans ses mémoires Alan Heusaff raconte cet accrochage sur la route du Croisty à Ploërdut:

       

Nous portions des vêtements civils.

Si nous avions rencontré des allemands ils nous auraient pris pour des terroristes et ils nous auraient tiré tout de suite dessus !

Le premier véhicule que nous vîmes venir de la direction de Guemené était une camionnette bâchée.

Nous sautâmes immédiatement sur la route et fîmes signe au conducteur de s'arrêter.

La camionnette ralentit, nous dépassa de huit ou dix pas, et s'arrêta.

 

Deux hommes descendirent par devant et deux autres par derrière.

Les deux premiers s'approchèrent.

Leurs tenues étaient identiques, une sorte d'uniforme que je n'avais jamais vu avant.

Ils portaient des casques à filet et chacun avait un fusil-mitrailleur.

Ils allèrent à la rencontre de Laizet au milieu de la route et je reconnus olors le signe qu'ils portaient sur leur manche : une croix de Lorraine !

Notre malouin malin commença à discuter avec eux et l'Alsacien s'en approcha tandis que Larnicol et moi restions sur le bas-côté, sur le qui-vive.

J'étais un peu loin pour entendre clairement la discussion qui s'engageait en français entre les quatre hommes au milieu de la route, mais d'après les quelques brides qui me parvenaient je comprenais que Laizet essayait de les tromper à notre propos, afin que nous puissions nous séparer sans perte ni fracas.

Nous étions tous là, avec nos armes pointées vers le bas, nous demandant comment agir sans leur laisser l'occasion d'avoir le dessus, surveillant leurs gestes et leurs paroles, et eux, se demandant de quel côté nous étions, amis ou ennemis.

"le blond, là, est tout pâle" dit en me montrant celui qui semblait être le responsable.

Et en vérité, nous jouions avec notre vie.

Laizet s'était tout de suite avançé pour trouver une solution à l'amiable.

Mais comment réussirait-il sans dire que nous étions du maquis aussi ?

C'est lui qu'on interrogeait et ses réponses n'étaient pas convaincantes.

L'Alsacien, qui d'abord était resté silencieux, participa lui aussi à la convesation.

"Celui-ci ne parle pas comme un français" dit l'ennemi qui menait la discussion.

Sa voix était désagréable, il devenait accusateur.

Un peu plus et il nous demanderait des preuves précises ou bien il nous ordonnerait de lâcher nos armes, et alors nous serions à leur merci.

Laizet avait échoué.

Nous ne pouvions plus reculer, nous ne pouvions plus nous en sortir sans les affronter.

Nous ne devions pas reculer.

Il fallait frapper les premiers.

"Feu !"  criai-je.

"Feu !" répondit Larnicol.

"Ne tire pas! tu ne vois donc pas qu'ils sont du même côté que nous!" cria Laizet.

Il essayait encore de nous faire passer comme des français, comme eux.

Mais non! assez d'intrigues comme ça. Les dés sont jetés!

 

J'avais armé mon Sten, visé le questionneur casqué, et appuyé sur la détente.

Quoi ? 

le chien était resté bloqué. Je n'étais pas assez habitué à manier ce vieil engin, et je n'avais pas le temps de jouer avec pour le décoincer.

Je me décidai rapidement à sauter dans le fossé, où je serais mieux abrité et d'où je pourrais alors tirer avec le pistolet que j'avais dans la poche arrière de mon pantalon.

J'étais en train de me tourner quand une balle m'ateignit dans la partie supérieure du bras gauche, et j'eus l'impression de recevoir une autre dans le dos.

Le choc me projeta au fond du fossé.

J'étendis sûrement ce bras là pour ne pas tomber à la renverse.

Clac !

Je n'eus aucune douleur, mais quand j'essayai de m'appuyer dessus il était mou et tournait sur lui-même comme l'aurait fait un sac de farine pendu à une branche.

l'humérus était cassé.

Je ne pouvais pas armer mon pistolet avec une seule main.

Quand je toussais, du sang me montait à la gorge.

Le côté gauche de ma poitrine était très lourd et le sang, chaud, coulait le long de mon flanc.

Je vis Larnicol tomber sur la route entre l'endroit ou j'étais et la voiture.

"Je suis fini" dit-il avec un sourire tranquille et un peu triste.

L'Alsacien accourut par derrière du côté abrité par la voiture, ouvrit la portière et saisit deux grenades à manche.

Il les lança vers la camionnette et se baissa pour ne pas recevoir d'éclats.

Deux explosions.

Les ennemis fuyaient.

Je me rendis compte juste après que la camionnette avait disparu.

Tandis que je perdais mon sang, je pensais que je ne pouvais plus rien faire, que j'allais bientôt partir.

Fini les combats, les efforts, l'angoisse.

Ni joie ni inquiétude.

Pendant une seconde je me rémémorai la chanson de Roparz Hemon, Kanen Vrezel.

Les choses sepassaient comme dans un poème, mais c'était une belle journée pour mourir.

"Tu peux te lever?" demanda l'Alsacien.

"Il faut qu'on parte avant qu'ils n'aient le temps de revenir.Aide-moi à mettre les deux autres dans la voiture"

Je me levai, je n'étais pas trop faible.

Le pauvre Larnicol était mort.

Au milieu de la route gisait Laizet, la tête dans une mare de sang, son bonnet noir et son pistolet à ses côtés : mort aussi.

 

 

Reckit, l'Alsacien qui accompagnait les trois hommes du Bezen Perrot, est parti chercher du secours après l'accrochage.

Soigné dans un premier temps dans l'hôpital de Guémené,

Alan Heusaff sera ensuite transféré dans l'hôpital militaire allemand de Pontivy.

Il accompagnera le Bezen Perrot dans sa fuite vers l'Allemagne puis se réfugiera en Irlande.

Jean Larnicol et Jean Laizet seront enterrés au cimetière militaire allemand de Vannes.

 

Attaque Larnicol Laizet Heusaff

Pistolet mitrailleur Sten Mark II

pistolet mitrailleur sten

Fabrication : Grande-Bretagne

( inspiré du MP40 allemand )

Mode de tir : Automatique
Calibre : 9 × 19 mm Parabellum 
Chargeur : 32 cartouches
Portée pratique : 100 mètres
Cadence de tir : 550 coups / minute

Production totale : 2 000 000 d’unités pendant

la Seconde Guerre mondiale.

Parachuté en grande quantité aux résistants

en Europe, et notamment à ceux de la France Libre,

du fait de sa simplicité d'utilisation et de maintenance.

Récupérés lors d'opérations contre les maquis et appréciés ( bien que s'enrayant facilement ) par les unités telles que le Bezen Perrot

Source : Mémoires, en breton, d'Alan Heusaff .

Traduction de Cédric Sinou.

Publié dans l'ouvrage de Kristian Hamon : 

le bezen Perrot - 1944 des nationalistes bretons sous l'uniforme allemand

éditions Yoran embanner.

-Le cimetière des boches- 
Jean Laizet et Jean Larnicol ont été enterrés au cimetière militaire allemand de Calmont à Vannes.

Ce cimetière appelé par les anciens vannetais "le cimetière des boches" avait été inauguré en 1942.
Il a compté jusqu'à 587 sépultures.
En 1961 les dépouilles seront transférées à la nécropole allemande de Huisnes-Sur-Mer 

Les deux Bretons reposent-ils là-bas ?

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