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celtique nordiste

Le celtisme nordique désigne un courant idéologique minoritaire mais influent apparu dans l'entre-deux-guerres (années 1920–1930) au sein de la frange la plus radicale du nationalisme breton (le deuxième Emsav).

 

Porté par des figures clés telles qu'Olier Mordrel et Célestin Lainé, ce mouvement réinterprète le pan-celtisme traditionnel à travers le filtre des théories racialistes, de la Révolution conservatrice allemande et du nordicisme européen.

 

1. Origine et rupture avec le celtisme traditionnel

Jusqu'au début du XXᵉ siècle, le celtisme breton (représenté par l'Union Régionaliste Bretonne ou le Gorsedd) était principalement catholique, féodal, rural et poétique.

 

À partir des années 1920, la jeune garde regroupée autour de la revue Breiz Atao (fondée en 1919) rompt brutalement avec cette vision :

 

  • Rejet du folklore : Refus de l'image du Breton « pieux, soumis et alcoolique » ou du « bécassinisme ».

     

  • Mythe de la régénération : Volonté de forger un « Homme Nouveau » breton, fort, discipliné et conquérant.

     

  • Panceltisme vers le Nordicisme : Le lien historique avec les nations celtiques insulaires (Irlande, Pays de Galles) glisse progressivement vers une fascination pour l'Europe du Nord et l'Allemagne.

 

2. Les piliers idéologiques du Nordisme celtique

A. La re-définition « raciale » du Celte

Inspirés par les anthropologues d'Europe centrale et les théoriciens de la « race nordique » (comme Hans F. K. Günther ou Alfred Rosenberg), Mordrel et Lainé théorisent que le Celte n'est pas un rameau méditerranéen ou alpin, mais une branche de la race nordique. Les Celtes sont dépeints comme des guerriers partageant le même fond biologique et spirituel que les peuples germaniques et scandinaves.

 

B. Le néo-paganisme et l'anti-christianisme

Contrairement au conservatisme catholique breton traditionnel, le nordisme celtique développe un antichristianisme virulent :

 

  • Le christianisme y est perçu comme une religion d'origine sémitique et universaliste ayant « affaibli » la vigueur guerrière de la race celtique.

     

  • Un néo-paganisme solaire ou un culte de la nature est mis en avant, symbolisé notamment par le Hevoud (swastika ou roue solaire à quatre branches, utilisé temporairement par Breiz Atao).

     

C. La revue Stur et la géopolitique pro-allemande

En 1934, Olier Mordrel fonde la revue politique et doctrinale Stur (Le Gouvernail). C'est le laboratoire intellectuel du nordisme celtique.

 

  • Le mouvement s'oppose à la France républicaine et jacobine, perçue comme un État « latin en décadence ».

     

  • Il se tourne vers le monde germanique et scandinave, voyant dans une « Nouvelle Europe » dominée par l'Allemagne le cadre futur où la Bretagne retrouverait sa souveraineté au sein d'une communauté de peuples nordiques.

     

  • Des contacts discrets sont noués dès les années 1930 avec des universitaires et agents allemands révisionnistes (comme Gerhard von Tevenar) passionnés par les minorités nationales.

     

3. Principaux acteurs et supports

Olier Mordrel théoricien principal, fondateur de Stur (1934) et architecte de l'alignement idéologique sur le nordisme européen.

Célestin Lainé dirigeant du Bezen Perrot, adepte d'un néo-paganisme guerrier mystique radical.

La revue Stur organe doctrinaire (1934-1939 / 1942-1944) consacré à l'élaboration de la théorie raciale et politique du nationalisme breton.

Le Parti National Breton (PNB) Formé en 1931 après la scission du PAB.

Une partie des membres adopte la ligne nationaliste dure influencée par cette idéologie.

4. Portée historique

Ce courant est demeuré très minoritaire en Bretagne avant-guerre par rapport à la population générale et au mouvement régionaliste culturel traditionnel.

Cependant, cette armature idéologique développée entre 1930 et 1939,  servira de matrice théorique à la dérive de collaboration politique et militaire de certains cadres du PNB durant l'Occupation (1940-1944).

Dans les années 1930, l'Allemagne de Weimar puis le Troisième Reich s'intéressent de près aux minorités ethniques et linguistiques d'Europe occidentale.

Dans ce cadre, des agents d'influence, des universitaires et des cadres d'organisations spécialisées nouent des contacts suivis avec les autonomistes bretons, en particulier la frange radicale du Parti National Breton (PNB) réunie autour d'Olier Mordrel, François Debeauvais et Célestin Lainé.

 

Le rôle de ces réseaux — dont Gerhard von Tevenar est l'une des figures centrales — s'articule autour de trois dimensions majeures avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale :

 

L’Ahnenerbe

Ahnenerbe

​Traduit par "Héritage ancestral" où plus exactement Ahnenerbe Forschungs und Lehrgemeinschaft, c’est-à-dire " Société pour la recherche et l'enseignement sur l'héritage ancestral ", était un institut de recherches pluridisciplinaire nazi, créé par le Reichsführer- SS Heinrich Himmler,Herman Wirth et Walther Darré  

le 1er juillet 1935.

Intégrée aux SS en janvier 1939, l'Ahnenerbe avait son siège à Munich.

L'institut avait pour objet d'études « la sphère, l'esprit, les hauts faits et le patrimoine de la race indo-européenne nordique » avec comme outils la recherche archéologique, l'anthropologie raciale et l'histoire culturelle de la race aryenne.

Son but était de prouver la validité des théories nazies sur la supériorité raciale des Aryens sur les races supposées inférieures ainsi que de germaniser les peuples qui occupaient le Lebensraum (espace vital) nazi.

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Bruno Beger effectuant des examens d'anthropométrie à Lachen, au Sikkim peu avant l'expédition de 1938 du SS Ernst Schäfer.

​Bruno Beger effectuant des examens d'anthropométrie à Lachen, au Sikkim peu avant l'expédition de 1938 du SS Ernst Schäfer.

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