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Jeanne Malivel

Peintre,illustratrice,graveuse,décoratice,faïences,broderies...

née en 1895 à Loudeac

Morte en 1926 à Rennes

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31

ans

jeanne malivel
Jeanne Malivel

Jeanne Malivel dans son atelier

1917 - Très catholique,elle adhère à la GILDE NOTRE-DAME  dirigée par l'abbé Léon Cadart

1918 - Beaux-Arts Paris

Elle suit les cours de langue et littérature celtique de Joseph LOTH et les cours de breton de Jean CAROFF. 

1919 - Proche des milieux régionalistes / autonomistes bretons  elle adhère à l' UNVANIEZ YAOUANKIZ BREIZ.

           Elle illustre FEIZ-HA-BREIZ, AR C'HORN-BOUD...    

1923 - Professeur à l'école des Beaux-Arts de Rennes.

1923 - Elle fonde AR SEIZ BREUR qui regroupe des artistes bretons de toutes disciplines.

1925 - Mariage avec Maurice Yung.

1926 - Agée de seulement 31 ans, elle est emportée par une maladie.

jeanne malivel
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La Bretagne de demain

(Réplique au monument de Rennes)

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Ar Seiz Breur, Gaston Sébilleau et Jeanne Malivel

jeanne malivel

lettre de Jeanne Malivel à Gaston Sébilleau oblitérée le 16 février 1925

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1923, pardon du Folgoët. Jeanne Malivel, James Bouillé, architecte, René-Yves Creston, peintre et graveur, et son épouse Suzanne Creston se rencontrent.

Animés par l'amour de l'art et de la Bretagne, agacés par le folklore attrape-touristes naissant, ils décident de donner naissance à un art breton moderne, alliant le meilleur de la tradition aux nécessités contemporaines.

Très vite ils sont rejoints par d'autres artistes séduits par l'idée, comme la céramiste Suzanne Candré ou le sculpteur Georges Robin et un certain Gaston Sébilleau, bien connu à Redon.

Ils choisissent de se faire appeler Ar Seiz Breur (Les sept frères), se référant à un conte breton du pays de Rennes collecté par Jeanne Malivel, peintre, illustratrice et graveuse.

Fini la stagnation de l’art breton traditionnel, au passé pourtant si riche et qui se noie aujourd'hui dans la répétition de recettes éprouvées.

Assez de voir les statues de style sulpicien détrôner les vieilles statues en bois polychromes dans les églises.

Stop aux motifs de broderie des journaux parisiens remplaçant les dessins traditionnels des costumes.

Il suffit de la propagande des médias qui diffuse l'idée d'une nouvelle culture.

Terminé les poncifs éculés.

Halte à la standardisation par le choix sur catalogue du monument, mal adapté à l’architecture et au savoir-faire local.

L'art breton doit être l’expression de son âme vivante, il doit être en situation d’évolution, et non un catalogue d’œuvres anciennes.

L'architecture, l'artisanat, la décoration, la littérature, la musique, la peinture et la sculpture, la gravure sur bois, la céramique, le vitrail, la ferronnerie, l'ébénisterie, le textile, la fresque, l'illustration, la typographie… Tous les domaines passent dans leurs mains, ils produisent des bannières brodées, des statuettes en faïence, des vêtements et objets liturgiques de caractère breton pour faire barrage à l’art sulpicien.

Ils encouragent l'utilisation de matériaux nouveaux, tels le béton, ou de techniques nouvelles comme le photocollage ou le cinéma. Ils mettent en œuvre différents modes de diffusion : du livre à la carte postale, en passant par le timbre, le calendrier, le bijou, le meuble, le coussin brodé, la tasse à café ou l’affiche.

Fin 1923, Jeanne Malivel entreprend de réunir un groupe restreint d'artistes bretons pour proposer de prendre une part active à l'Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes qui doit se tenir à Paris en 1925.

René-Yves Creston, décorateur à La Turballe, et son épouse, Suzanne Candré, Jorj Robin, sculpteur à Nantes, Pierre Abadie-Landel, décorateur à Quimper, et les deux sculpteurs-meubliers Christian Le Part de Rochefort-en-Terre et Gaston Sébilleau de Redon vont obtenir la décoration et l'aménagement d'une partie du pavillon breton appelé  "Ti Breiz" et édifié avenue Dutuit, près du Petit Palais, plus particulièrement la salle principale dénommée "L'Osté".

Y sont installés du mobilier aux formes modernistes (bonnetière, grand buffet, table, bancs, chaises, crédence), des ustensiles ménagers réalisés par la faïencerie Henriot de Quimper, des vitraux, des tentures murales, des statuettes et des pichets de René Quillivic, qui accompagna les Seiz Breur sans en faire partie.

¡Banco! La médaille d'or attribuée par le jury de l'Exposition leur est décernée et Jeanne Malivel reçoit un diplôme d'honneur pour ses céramiques.

Hélas, Jeanne Malivel, qui avait été l'inspiratrice et l'organisatrice du mouvement, meurt le 2 septembre 1926. Le mouvement, repris par James Bouillé, jusqu'ici fermé, mais qui intéresse de nombreux artistes et artisans, doit trouver des moyens de se faire connaître.

Fin 1927, ils lancent Kornog : dastumadenn trimiziek skeudennet Arzou Breiz (Occident : revue trimestrielle illustrée des arts de Bretagne). Si on y parle surtout d'art, on y parle aussi du mouvement national breton : Paul Ladmirault et de Roparz Hemon y signeront des billets, preuve de l'influence croissante du nationalisme breton exercée sur eux. L'objectif est de « réveiller en Bretagne l'Art breton en s'appuyant sur le sentiment national et de le développer selon ses directives propres en dehors de toute influence étrangère ».

Les sources d'inspiration devaient être prises dans l'art populaire qui a « une attitude de création, une fraîcheur d'imagination » en puisant « à la source du génie de notre race ». La démarche artistique était ainsi définie : « se suggérer une conception originale des formes décoratives et constructives, déterminées avant tout par la matière employée et par la destination de l'objet à réaliser. »

Ils étaient 7 frères, ils vont réunir 7 disciplines possédant chacune 7 branches : l'architecture, l'artisanat, la décoration, la littérature, la musique, la peinture et la sculpture.

Mais la consécration vient plus tard, en 1937, lors de l'Exposition universelle qui se tient à Paris. Un pavillon breton est construit au milieu de vingt-sept bâtiments dévolus à dix-sept régions, qui constituent le « centre régional » de l'exposition, installé sur le quai d'Orsay. Non seulement cette idée est acceptée grâce à leur œuvre, mais le comité breton, chargé de donner des avis sur les projets au jury de l'Exposition, constitué le 29 mars 1935 à Saint-Brieuc, était pour la plus grande partie constitué de personnalités liées aux Seiz Breur, le secrétariat général étant attribué à René-Yves Creston !

La guerre passera ensuite par là et brisera cet élan, d'abord entre les membres, qui chacun prendra des directions différentes, ensuite parce qu'après guerre, ar Seiz Breur sera, comme l'ensemble du mouvement culturel breton, inquiété, discrédité, dispersé et divisé, leur histoire s’achèvera en 1948.

L'élan qu'ils ont donné lui durera et entraînera dans sa course la génération des Glenmor, Gwernig, Tulug…

Aujourd'hui encore, leurs héritiers s'affairent.

Joyeux centenaire aux 7 frères et longue vie à leurs héritiers et à la culture bretonne !

Si l'on en croit l'impatience témoignée dans la lettre de Jeanne Malivel à Gaston Sébilleau oblitérée le 16 février 1925, elle misait beaucoup sur les talents d'ébéniste de Gaston Sébilleau pour la décoration et l'aménagement d'une partie du pavillon breton appelé "Ti Breiz" et édifié avenue Dutuit, près du Petit Palais !

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