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pierre marienne

Pierre MARIENNE

Assassinat du capitaine SAS Marienne
Massacre de Pluneret (Kérihuel)
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 Louis DENIS, présent à Kerihuel, raconte sa version des faits 

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Interrogatoire de Louis Denis

 Sous-lieutenant de la L.V.F. de 41-42 sur le front russe, puis délégué départemental recruteur massif des volontaires pour la L.V.F. dans le Finistère, membre du P.P.F. avec sa femme Lucie, boulevard de Kerguelen à Quimper, le Français DENIS Louis, présent lors de l'exécution, raconte sa version des faits.


Sont nommés dans le texte :
– le Français Louis ZELLER alias EVRARD.
– l'Espagnol François MUNOZ alias MINOS.
– l'Italien Angelo BIAVA alias MANOS.
– un Alsacien, domicilié à Brest : Alfred GROSS alias FRED.
– l'adjudant allemand HAAS, de l'Abwehr de Pontivy.
– l'adjudant Allemand Ferdinand FISCHER  du S.D. de Rennes.

Assassinat du capitaine SAS Marienne

Massacre de Pluneret (Kérihuel)

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e) – Couverture offerte par l’ABWEHR

extraits de l’interrogatoire :

 

Dans la région de QUIMPER-RENNES, j’avais, depuis que j’étais agent de l’ABWEHR, pris l’identité de MASSON Bernard, né le 11 Février 1900 à BORDEAUX. Le service m’avait fourni les papiers nécessaires. Par contre, au fichier de l’ABWEHR, j’étais connu sous le nom de DETTMERS. SCHRADER avait décidé que je signerais DETTMERS pour percevoir mes frais de déplacement.

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f) – Action contre des parachutistes alliés.

extraits de l’interrogatoire :

 

Nous étions également inactifs car, à cette époque, un régiment de parachutistes allemands procédait au nettoyage de MALESTROIT, occupé par des parachutistes alliés, commandé par le Colonel BOURGOIN (amputé d’un bras). Il avait comme adjoint le Lieutenant MARIENNE. Sous la pression des allemands les alliés se sont repliés dans les forêts de Bretagne. Sur ces entrefaites, le commissaire de la G.M. de LOSQUEMINET a interpellé un civil suspect qui n’était autre que le sous-lieutenant GREY, de nationalité britannique, interprète auprès du service de liaison avec les autorités françaises. GREY – 1m,65 – cheveux crépus – chatain – accent anglais prononcé – corpulence moyenne, a indiqué le lieu de repli des éléments alliés, notamment l’emplacement où se trouvait le commandant BOURGOIN. Une expédition a été aussitôt organisée pour rechercher le commandant. Ont été désignés : EVRARD, MANOS, MINOS, HAAS, FISCHER, le commissaire de la G.M., divers soldats et moi. Il avait été indiqué que le commandant était en civil. GREY nous a accompagnés. Le résultat a été négatif.

GREY est alors allé déterrer son uniforme d’officier pour prouver qu’il n’était pas un espion. Cet uniforme a été revêtu plus tard par MINOS. GREY ayant dit que si nous désirions trouver le lieutenant MARIENNE il n’y avait qu’à se présenter au charron de BADUVAL, je crois. Le charron n’indiquait l’adresse que lorsque celle-ci était demandée par un militaire. Nous avons accompagné MINOS à l’endroit indiqué, nous étions répartis dans trois voitures EVRARD, MANOS, un alsacien, domicilié à BREST, dont je ne me souviens plus le nom et moi. MINOS s’est présenté chez le charron en uniforme. Celui-ci lui a dit : "Vous venez voir le lieutenant MARIENNE, c’est la troisième ferme à gauche en suivant le chemin". Il était 4 h. 30 du matin. Nous avons suivi ces indications, en laissant nos voitures dans le village. MINOS nous a devancés. A un paysan qui donnait à manger à ses bêtes, il a demandé le lieutenant MARIENNE. Le paysan a paru surpris de voir quelqu’un demandé le lieutenant à une + heure si matinée. Il a dit : "le groupe va vous conduire". MINOS, en entendant parler de groupe, est venu nous prévenir. Par

...../.

 

(Note : La mention + heure si en bas à gauche correspond à l'annotation manuscrite venant s'insérer au niveau du mot matinée dans la dernière ligne du texte).

Retranscription (IA)

Assassinat du capitaine SAS Marienne

Massacre de Pluneret (Kérihuel)

Retranscription (IA)

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une porte, il avait aperçu, dans la pièce ou une espèce de hangar, huit hommes avec des mitraillettes. Les hommes étaient couchés et les mitraillettes pendues. Nous nous sommes approchés immédiatement du hangar et nous avons délogé les hommes de leur hangar. C'était des partisans avec un mouchoir rouge autour du cou. Il possédait l'armement américain. L'Alsacien et MANOS en ont attrapé un et l'on sommé de les conduire au lieutenant MARIENNE. Un quart d'heure plus tard, ils sont revenus avec neuf hommes en tenue militaire. Nous n'étions que douze. FISCHER a fait aussitôt coucher les civils par terre, les bras levés horizontalement. On a demandé qui était MARIENNE. Un militaire s'est détaché et a dit : c'est moi. Les neuf militaires ont été rassemblés le long d'un mur et les Allemands avec leurs mitraillettes ont fait un demi cercle pour les tenir en joue. L'Alsacien et moi n'étions pas armés. Cela nous était défendu. Nous n'avions pas le port d'armes pour une raison que j'ignore. EVRARD avec un pistolet de 7mm 65 et MANOS un revolver à barillet, MINOS un 7mm65. De mon côté j'avais bien un 7 mm65 mais je l'avais laissé à ma femme lors de mon dernier voyage à LA ROCHELLE. Il s'agissait d'une arme que j'avais eu par l'intermédiaire de la Feldgendarmerie. Elle provenait d'une saisie.

 

FISCHER a ensuite donné l'ordre aux militaires de se grouper. Les civils ont alors voulu en faire autant. Mais MARIENNE a déclaré : Ce ne sont pas des militaires. Un des civils lui a répondu : Tu n'est qu'un salaud. Tu nous avais promis des uniformes et maintenant tu nous laisse tomber. Ce moment là, les civils ont été mis de côté et immédiatement fusillés à coups de mitraillettes par FISCHER, PIERRE, le Commissaire de la G.M. et "Le Piqueur". Personne n'a dit mot, aussi bien du côté des militaires que du côté des civils. Durant de temps MANOS et l'Alsacien étaient partis chercher les armes que les militaires avaient laissées dans leur cantonnement. Après les rafales de mitraillettes, deux mitrailleuses sont entrées en action. Elles tiraient dans notre direction et pouvaient se trouver à deux ou trois cents mètres. MANOS et l'Alsacien sont revenus en courant. Au même moment les Allemands ont déchargé à nouveau, leurs mitraillettes sur les neuf militaires qui ont été tués sur le coup. Auparavant, il avait été question d'emmener les militaires en en plaçant trois dans chaque voiture. C'est là que le civil a dit à MARIENNE qu'il était un salaud. Les militaires tués, nous sommes partis à toute vitesse; des coups de feu ont été tirés dans notre direction pendant un quart d'heure mais aucun de nous n'a été blessé. HAAS a été immédiatement alerter le bataillon de parachutistes allemands qui se tenait toujours en état d'alerte. Il a fait une offensive quelques heures après. Un seul allié a été fait prisonnier. Les autres étaient partis en abandonnant leur matériel. Les plans des postes de commandement et des dépôt de munitions ont été découverts. HAAS a rendu compte au major SCHRADER. Trois jours après j'ai été convoqué à RENNES, à l'insu des autres. SCHRADER très en colère, a voulu que je lui raconte verbalement l'exécution des partisans. Il reprochait à l'officier le plus élevé

 

en grade et au commissariat d'avoir été pris de panique SCHRADER comme je l'avais jugé, ne voulait pas d'histoire. A la suite de ces faits, il nous a fait rendre les armes que nous avions pris aux partisans. Il m'a dit de retourner à PONTIVY informer HAAS qu'il m'avait donné l'autorisation demandée.

Sources :
• Dossier DGER "Louis Denis", SHD Vincennes, GR 28 P 6 90.
• Dossier DGER "Munoz-Gross", SHD Vincennes, GR 28 P 6 65.
• Dossier DGER "Maurice Zeller", SHD Vincennes, GR 28 P 6 42.
• Dossiers DGER "F.A.T 354", SHD Vincennes GR 28 P 7 101 et GR 28 P 7 172...

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