Jean BRICHLER
Dit : Yann BRICLER
Né à Monfort-sur-Meule 13 décembre 1901
Exécuté à Quimper le 04 septembre 1943

42
ans

Formation : Ingénieur civil de l'aéronautique.
Il adhère à l'âge de 15 ans au groupe régionaliste breton lors de sa création en 1918.
Membre du groupe "Gwenn-Ha-Du",
Membre fondateur du PNB,
Administrateur de la revue STUR.
Il est le cousin d'Olier Mordrel.
Responsable du PNB de Quimper, c'est un proche des idées de l'abbé Yann-Vari Perrot.
Durant la guerre il est mobilisé comme lieutenant d'aviation (non navigant)
le 07 septembre 1940 il est démobilisé avec le grade de capitaine.

Connu pour ses relations au sein du service de renseignements de la Kommandantur de Quimper, il aurait dénoncé une cinquantaine de personnes réputées germanophobes, anglophiles, communistes.
Abattu par la résistance communiste ou gaulliste ?
Il est abattu, dans son bureau à Quimper, de deux balles dans la tête par deux résistants du maquis COMMUNISTE de Saint-Goazec.
C'est la version généralement retenue.
La liste de dénonciation serait parvenue également au BCRA (Bureau central de renseignements et d'action à Londres) qui, après analyse, demandera l'exécution de Brickler. Le BCRA était GAULLISTE.
Dans son ouvrage "1944 Viens rejoindre notre armée !" (pages 116 à 118)
l'historien Yves Mervin détaille l'exécution de Bricler par les agents de Londres :
Julien le Port (dit le coureur) et Honoré Chamaillard (dit Galimard).
Les témoignages de ces résistants sont corroborés par divers télégrammes échangés entre le BCRA à londres et le délégué régional de la région M (dont faisait partie la Bretagne).

François Kersulec (1921-1990) serait un des deux hommes qui a tiré sur Yann Bricler
08 septembre 1943 les obsèques de Yann Bricler se déroulèrent en présence de sa famille et de ses amis, sous protection allemande.
" Je conserve un souvenir de cauchemar de cet enterrement.
Arrivant de la rue du Palais, le cortège trouva la place du 118 ème bondée de monde et défila jusqu'à l'église Saint-Matthieu entre deux haies de gens qui ricanaient.
J'ai compris quels étaient les sentiments des badauds qui autrefois allaient sur la place de grève assister aux exécutions.
Le docteur Gifflot que nous soupçonnions de jouer un rôle dans la résistance - ce qui fut confirmé depuis - était planté au premier rang, rayonnant de contentement.
Des mères en coiffe, penchées sur leurs bambins, amenés là comme au spectacle, leur donnaient une leçon de français en leur apprenant à prononcer le mot traître.
Nous tous qui avions été élevés dans le respect inconditionnel des morts, nous tous qui avions si souvent été témoins de la trêve des sentiments hostiles autour d'un cercueil, ne nous sentions plus en Bretagne.
Cet air suait la haine et la vengeance biblique.
La kommandantur, craignant des incidents, avait placé de place en place un feldgendarme avec la mitraillette en sautoir.
Il est possible que sans leur présence le cortège eût été attaqué et comme nous étions nombreux nous aussi, nous avons perdu une bataille de rues qui aurait laissé du monde sur le carreau, car si d'un côté la malveillance était sans limite, de l'autre l'exaspération et le dégoût avaient atteint le point d'explosion".
Olier Mordrel


Le premier militant nationaliste breton assassiné fut Yann Bricler.Il a été abattu par deux hommes du maquis de Saint-Goazec.Ce maquis, le premier en Bretagne, fut créé au printemps 1943.
Le 16 novembre ce fut ensuite Yves Kerhoas, tué à Plonévez-du-Faou.
En novembre 1943 Célestin Lainé créait le Bezen Cadoudal.
Le 12 décembre 1943 l'Abbé Yann-Vari Perrot était également assassiné
Le 15 décembre 1943, des hommes de toutes croyances se pressent autour du cerceuil de l'Abbé Perrot.
Seule une foi commune en la Bretagne les unit.
Parmi eux Célestin Laîné.
Depuis longtemps ce léonard a abjuré le catholicisme de son enfance.
Lors de la veillée funèbre, il rend hommage au recteur de Scrignac à la façon des anciens Celtes.
Accompagné de quatre de ses lieutenants, il "tient à la main une branche d'if puis,suivant le rite antique, il l'applique sur le front, les mains et les pieds du défunt.Après quoi il rompt la branche, en dépose une partie sur le corps et conserve l'autre."
Puis il lance :
J'en fais le serment ! la guerre est déclarée entre les ennemis de la Bretagne, où qu'ils se trouvent, et nous.
Ils ont tiré les premiers...Nous sommes prêts : Demain nous prendrons les armes.
Source : "Qui a tué Yann-Vari Perrot ?" de Thierry Guidet
Le Bezen Cadoudal devenait alors le Bezen Perrot



03 juillet 1946