Né le 14 mai 1914 à Lamballe
Mort le 1er juin 2009 à Rennes

95
ans
Formation : Université de Rennes (licence)
Faculté des lettres de Paris.
Profession : Journaliste, juriste.
Politique : Membre du PNB (Parti National Breton)
Président de l'UFB (Union Folklorique de Bretagne)
Membre du CCB (Comité Consultatif de Bretagne)
Secrétaire de l'UFCE (Union fédéraliste des communautés ethniques européennes)
Fondateur du CELIB (Comité d'étude et de liaison des intérêts bretons)
Il a reçu le Collier de l'Hermine en 1990 à Auray.
Le lien entre Joseph Martray et le Kuzul Meur est surtout évoqué par des travaux critiques sur la réécriture de l'histoire du mouvement breton, qui contestent l'image ultérieure de Martray comme simple résistant et régionaliste modéré.
1️⃣ Des débuts culturels à l’engagement militant (années 1930–1942)
Né à Lamballe en 1914, formé à Dinan puis à Rennes, Martray découvre très tôt la question bretonne à travers les milieux de l’emsav et des revues comme Breiz Atao.
Dans les années 1930, son engagement est avant tout culturel et éducatif :
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implication dans le Cercle celtique de Penthièvre à Saint-Brieuc
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promotion de la langue bretonne
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volonté de diffuser une « conscience bretonne » au-delà des cercles militants
En 1942, il participe à la création d’une Maison de la culture bretonne à Saint-Brieuc, conçue comme un centre de rayonnement culturel populaire.
Son action repose alors sur trois axes :
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transmission linguistique
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formation de la jeunesse
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structuration d’un réseau d’enseignants sensibilisés à la matière bretonne
Il fonde la revue An Eost, destinée aux instituteurs, afin d’introduire progressivement l’histoire et la langue bretonnes dans l’enseignement.
2️⃣ L’engagement politique sous l’Occupation
À partir de 1942, son action devient plus politique, notamment aux côtés de Yann Fouéré.
Il rejoint la Délégation régionale à la Jeunesse et participe à la création du Comité consultatif de Bretagne (CCB). Son objectif :
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former une élite bretonne
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promouvoir l’autonomie régionale
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utiliser les structures disponibles pour structurer un projet régional
Il devient rédacteur en chef de La Dépêche de Brest (1943–1944).
Après la Libération, une procédure est engagée contre lui, mais il bénéficie finalement d’un non-lieu.
Contrairement aux nationalistes les plus compromis, Martray maintient une ligne régionaliste distincte du séparatisme.
3️⃣ L’après-guerre : vers un néo-régionalisme économique
Après 1945, il comprend que le mouvement breton doit changer de stratégie.
Plutôt que le militantisme identitaire frontal, il choisit :
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une approche économique et pragmatique
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l’élargissement aux élus, milieux économiques, syndicats
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une stratégie transpartisane
Il fonde en 1950 le Comité d’études et de liaison des intérêts bretons (CELIB).
Le CELIB devient un acteur central du développement régional :
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modernisation économique
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désenclavement routier
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industrialisation
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affirmation institutionnelle de la Bretagne
Martray défend un fédéralisme progressif, inspiré par les dynamiques de planification nationale (période Jean Monnet), mais appliqué à l’échelle régionale.
4️⃣ Une continuité idéologique profonde
Malgré l’évolution des méthodes, plusieurs constantes traversent toute son action :
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la croyance dans la spécificité bretonne
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l’importance des moteurs culturels et spirituels
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la valorisation des communautés de base
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une vision atlantique et fédérale de l’Europe
Dans son ouvrage Nous qui sommes d’Atlantique (1991), il insiste sur la primauté des ressorts culturels sur les seuls facteurs économiques et célèbre la « société atlantique » fondée sur les communautés naturelles (famille, pays, province).
5️⃣ Une figure controversée mais structurante
À son décès en 2009, l’hommage politique est quasi unanime.
Nicolas Sarkozy salue une « grande figure de l’histoire régionale bretonne ».
Jean-Yves Le Drian parle d’« un des fondateurs de la Bretagne moderne ».
Son héritage repose sur un paradoxe :
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engagement initial dans un contexte ambigu sous Vichy
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mais structuration durable d’un régionalisme institutionnel, économique et fédéraliste
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